Le prédicat de l'Art, prédicat par exellence.
- jérôme Hémain

- 23 mars
- 3 min de lecture

Dyptique cherche cimaise - oui, mais quelle cimaise quand le prédicat, le grand prédicat de "l' Art", est en jeu? -Est-il un philtre parmi tant d'autres comme nous aimons ainsi départager les choses, un philtre d'amour: "Aimer l'Art", (comme il se doit), avec lequel s'enivrent les "arts-lovers", mais ne serait-il pas plutôt cet absolu qui déroule vers nous, la voie royale de la tautologie : "c'est cela, parce que c'est cela"- puisqu'il s'agit d'Art, le prédicat par excellence ? - Comment distinguer alors ce philtre d'amour d'un pouvoir qui s'exerce, et surtout avec quels yeux regarder la cimaise qui ne serait pas vide, libre, inoccupée, à l'instar de la fameuse tulipe absente de tout bouquet, mais couverte d'un tableau? - De quelle exposition sur ces cimaises d'un dyptique peut-il bien s'agir alors ? - N 'est ce pas toujours la même tulipe qu'il faut voir ? - surtout que du ready made, à la banane que l'on sait, en passant par les lés de Buren et la "merde d'artiste", on a jeté le bébé avec l'eau du bain, c'est a dire l'œuvre, les pauvres et misérables œuvres d'art, comment les appeler autrement? - Peut-être avaient-elles le tort d'exister, ou d'exister de cette façon qui nous rappellent trop ce que nous sommes, à nous-mêmes, une blessure existentielle que vient aujourd'hui creuser l'expertise de l'IA, qui adore rien tant que le prédicat, les stéréotypes qui vont avec : Radicalité, Avant-garde, Rupture, Table rase, Nouveauté, Filiation, Culture, Modernité, Contre-culture, Artistes, Académisme, Ecoles, Mouvements, Taxinomie, Génie, Inspiration ect... Ainsi de poncifs en clichés de raccourcis en malentendus, nous ne pensons plus, nous pensons trop, toujours attendu quelques part, où nous sommes déjà passé.
En dehors de la tentative illusoire d'échapper au prédicat, de la gageure de lui laisser le moins de terrain possible, celui de l'Art versus le terrain bien réel du site archéologique, de brouiller les pistes, d'amener de l'équivoque, la référence à Alésia a ceci de réconfortant qu'elle renvoie à un temps où l'Art n 'existait pas, bien que manifeste dans les ornements, du moins qu'il n'existait pas en tant que prédicat. C 'est rappeler aussi que l'œuvre comme fait ou événement inscrit dans le réel est ce qui précède le figuré, donc le sens, qu'elle est au propre, l'Incipit de l'art. - Mais comment pourrait-il s'agir d' Alésia - le site archéologique, la référence historique ,l 'Oppidum, une Défaite, la Victoire, cet endroit du Territoire - dans cet embrouillamini de traces et de surfaces morcelées et caviardées de peinture qui sent à plein nez un type d'abstraction déjà tellement visité? Je préfère pour ma part ne pas broyer ainsi du prédicat et penser plutôt que ces Gaulois qui se jetaient nus dans la bataille, les armes à la main contre ceux d'en face avec une furia et un abandon sans nom pour créer plus que de la surprise une forme de sidération dans les rangs ennemis, se trouvent bien là représenter, à Alésia ou ailleurs dans le champs de ces tableaux, cet espace pictural qui semble en vue plongeante la traversée de multiples trajectoires qui se heurtent et se contournent.
s'il fallait avancer un prédicat ce serait celui du Primat de l'œuvre, (sur le prédicat bien sûr), c'est à dire, le Primat de l'expérience, du réel. Avons-nous d'ailleurs jamais rendu justice à la tulipe, la plus belle des fleurs, après peut-être la jonquille si émouvante quand elle paraît, hormis par de bonnes intentions en habit de lumière, de l'art de consolation, par la poésie ou l'exégèse qu'elle a pu susciter?




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