- candidature - projet - "Espace..."
- jérôme Hémain

- 20 mars
- 4 min de lecture
Dernière mise à jour : 23 mars
Description argumentée du projet :
A l'origine de ce travail tout nouveau, ou un autre moi-même-artiste-peintre-plasticien se livre à la figuration la plus stricte, la plus ingrate, il y a ce moment de panique existentielle devant la montée en puissance des programmes de géneration d'images que permet l'IA dans une ambiance déjà oppressante d'hyperproduction de visuels sur écrans, qui rend cette redoutable injonction à la "visibilité" illusoire tant le flot emporte tout, à tel point qu'il devient même impossible de définir ce qui fait "image", ou ce que ce prédicat peut signifier. Mon projet pour l'Espace Larith est d'abord une proposition de ce qui peut faire image, en mettant l'accent sur le comment de l'image, et tenter un éclaircissement.
Il m'a fallut pour cela rendre la "représentation" évidente, au niveau d' une image d'Épinal, atteindre au plus près ce qui fait de la "figuration" un "comble" en peinture tel que le suggère Gérard Garouste, le "comble" de faire tous cela à partir de tels documents par exemple. Je me frottais en tout cas au réel: le dessin, la mise à l'échelle, le retournement, l'ébauche, première phase, deuxième phase, la tension de la toile, et l' expérience commencée, je ne me souciais pas du résultat. Ce fût la mise en œuvre de la série des - FIGURES TRAGIQUES - images, visages, figures, icones, portraits, personnes, personnages, people, représentation de...
Le rapport à un modèle que l'on reconnait comme tel à travers la photographie de Presse d'un journal papier copiée en peinture, a donc initié cette série. En effet, ce rapport précise les conditions de la création, -le hic et le nunc- dont parle Walter Benjamin -l'ici et le là- de l'œuvre qui ne sont plus uniquement liés à la mise en œuvre justement, à la psyché de l'artiste, son Hubris en quelques sortes, mais tout autant à ce qu'il regarde, le modèle dans son altérité. Comment va t-il à sa rencontre dans sa pratique artistique, aussi ténu que soit le lien possible avec ces photographies?
"Allez à la rencontre de..." peut sembler fortuit, anodin, c' est aussi le principe de l'exposition, d'une exposition où l'on va à la rencontre des œuvres, aussi faciles soient-elles à identifier comme le sont ces - FIGURES TRAGIQUES - et aussi facile que soit la comparaison... Alors que je fais de ces figures mes modèles, à défaut de vrais modèles dans l'atelier, je vais à leur rencontre (voir vidéos). Grâce à la peinture en quelques sortes, un procédé, je fais de cette rencontre une nécessité, et le fil rouge de la scénographie du projet pour l' Espace Larith.
Il s'agit donc de mettre en scène la correspondance entre la diversité des parcours que forment un public, et ce trajet emprunté par lequel ce qui hier encore était une piètre image imprimée sur du mauvais papier est devenu un artefact. Les œuvres alors, les tableaux accrochés aux cimaises, de par leur condition de réalisation (au delà de ce qu'elles donnent à voir, critiquable ou pas, et au delà de leur qualité plastique) , opèrent comme des miroirs du regardeur venu pour les voir, un peu parce que ce serait lui, un peu parce que ce seraient-elles.
A partir d' un corpus de tableaux donné, de trois formats différents, petit , moyen, grand, mon projet n' est pas tant leur exposition, que de mettre en scène "la représentation", c'est à dire, par un ancrage dans le réel que ne peut manquer d'être l'Espace Larith, et la réalité de ces tableaux-là, leur aspect manifeste, parier que sans mise en scène, même un minimum, la possibilité d'un acte, d'un premier acte, il n' y a qu' illusions, tromperies, simulacres, mirages, images-fantômes, ce que l'on voit partout, tout le temps.
Sur la scénographie :
- L'installation de miroirs parmi les tableaux seraient là pour refléter les tableaux eux-mêmes, et celles et ceux qui viennent, les visiteurs désireux de s'y refléter ou non, comme autant de "rencontres" entre la réalité et sa représentation autour de ce fil rouge de la scénographie. Ils pourraient donner son titre à l'exposition: "MIROIRS"
- La valorisation des photographies d'origines découpées dans des pages de journaux-papier reste à déterminer. Elle seraient scannées et reproduites imprimées sur des panneaux à plus grande échelle en une mise en abîme de la notion de "transformation", en résonance avec les tableaux eux-mêmes, et les miroirs, ou en l'état dans des vitrines, sinon encadrées et isolées dans un espace particulier de l'Espace Larith. La proximité des tableaux qu'elles ont suscitées, activerait comme un souvenir, un sentiment de déjà vu, pour susciter désormais autant de possibilité de parcours. En plus, elles ont chacune une histoire.
- Les deux petites vidéos intimistes très fabriquées, très scandées, seraient là aussi, pour retenir si possible le visiteur dans un sur place, à voir sur écran télé à la suite, ou projeté sur un mur. Elle rendent compte d'un -making-of- improbable ou rencontres entre l'artiste-peintre plasticien et ces - FIGURES TRAGIQUES -










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