La "monstration" dans l'art.
- jérôme Hémain

- 26 mars
- 2 min de lecture
Dernière mise à jour : 27 mars



Étonnant télescopage de deux trajectoires de l'art qui me surprit au moment d'attraper un TER pour Grenoble, la veille du nouvel ans 2025. La ville bien sûr offre ce genre d'incongruité, ces traits d'unions improbables auxquels il faut s'attendre, à nos risques et périls. C'était en matinée, je ne ratais pas mon train, la foule ne masquait pas les deux ou trois mendiants assis dans le froid sur le chemin, et du coin de l'œil, je pu donc apercevoir au passage deux types d'artefacts artistiques assez voisins pour être reliés en moins d'une minute de marche, mais à des années-lumière l'un de l'autre quand à leur mode d'apparition de "visibilité". En effet, Lorenzo Mattotti et Edi Dubien ne bénéficiaient pas du même éclairage, au propre et au figuré. Des panneaux occultant mis en place le temps des travaux dans la gare pour l'un, une vitrine rutilante mise en place le temps de l'événement culturel dans le métro, pour l'autre. Ces dispositifs rendaient avec un bonheur inégal ces deux trajectoires qui bien qu'elles opèrent toutes deux dans le champs de l'art, ne semblaient pas appartenir au même monde, ou tropisme, du moins en ce qui concerne leur mode de "monstration"; mais l'art n'est-il pas devenu surtout cela aujourd'hui, la façon dont on le montre, ou sa communication, une valeur ajoutée, savamment distillée, la fleur absente de tout bouquet ? - ce qui en dit assez sur sa nature politique, miroir de notre société, et non ce n'est pas la regardeuse ou le regardeur qui fait l'œuvre, il suffit pour s'en convaincre de voir les petites sculptures de fil de fer, trombones tordues, misent à notre disposition par un de ces mendiants transis, croisés ce jour-là sur le parvis provisoire de la gare de la Part-Dieu à Lyon. Petites sculptures dérisoires posées à côté de lui au sol sur un bout de tissu, l'art d'un gueux. Encore une autre trajectoire.







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